Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

de l'Amitié et de l'amour

 © Yves Philippe de Francqueville, pirate des mots et philanalyste présente :

 

 

De l’Amitié et de l’Amour.


Reprise en ligne de la conférence - débat, donnée par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE, à Montpellier.

 

 

Parce que c’était lui, parce que c’était moi.

 

Michel de MONTAIGNE avec cet alexandrin nous offre son ressenti à propos de son cher Étienne de La BOËTIE.

Est-ce de l’amitié, est-ce de l’amour ?

 

La poésie nous offre une certaine liberté dans l’usage de mots difficiles à prononcer au quotidien. Il y a cependant des règles du jeu à respecter.

Le petit texte composé pour la fête des mères peut permettre à l’enfant de s’exprimer sans fausse pudeur et serait peut-être plus juste que les je t’aime entrecoupés des colères et des refus d’obéir du quotidien.

 

Dire je t’aime à l’autre semble étrangement si insuffisant que nous cherchons souvent à ajouter quelques additifs qui finalement dénaturent cette affirmation.

En langue française, le mot AIMER est le condensé de tant et tant d’expressions. Nous ne pouvons pas l’expliquer, le partager, le saisir, sans aller au-delà du langage.

 

Avec l’amitié et l’amour, nous serions à même d’espérer êtres plus aisés dans l’art de dire : je t’aime.

Hélas non.

 

Faudrait-il relire la généalogie de la morale de Friedrich NIETZSCHE et en saisir le long formatage établi par nos philosophes et théologiens depuis la nuit des temps ?

Certainement quelques centaines d’ouvrages sont des clefs utiles, et des centaines de milliers seraient des portes closes à des interrogations légitimes ?

 

Régulièrement j'aime relire le Banquet de PLATON.

Pas de morale dans cet écrit, mais une suite de valeurs qui nous ouvrent à l’axiologie.

 

Par mes travaux et mes recherches, mes lectures et de très nombreuses rencontres à l’écoute de l’autre, j’aimerais essayer de vous offrir de nouveaux regards sur l’amitié et l’amour afin d’être les hérauts de l’art d’aimer.

 

Lorsque nous entendons un mot inconnu, parfois le réflexe du dictionnaire subsiste, mais pour les expressions d’usage, sommes-nous assurés de ne pas nous tromper, par habitude ?

 

Amitié : sentiment d’affection, de sympathie qu’une personne éprouve pour l’autre.

 Amour : sentiment très intense envers l’autre, une divinité, un idéal…

 C’est un peu léger chez Madame LAROUSSE.

 

J’avais un jour demandé à mon fils âgé de 10 ans, ce que signifiaient selon lui ces deux mots et j’ai retenu cela :

L’amitié c’est quand j’aime bien, l’amour c’est lorsque j’aime.

Ce mot bien dans cette réponse est-il un réducteur ou un amplificateur ? Est-ce finalement un code pour nous diriger vers d’autres réflexions ?

En effet, dans l’amour, cela n’est pas toujours un succès, alors que pour l’amitié, c’est souvent juste ou cela n’est pas : il y aurait même les vrais amis et les faux amis.

L’amour est plus subtil dans le vécu au quotidien.

 

Pour les expliquer sous un nouveau regard, il me faut  en premier lieu présenter les protagonistes et centrer les questions. Nous avons, bien entendu, le temps d’un débat après ma démonstration.

 

La place de la divinité ouvrirait un cycle de conférences à elle seule. Ce ne serait pas pour me déplaire étant donné mes études en théologie. Nous ne prendrons cependant pas cette direction cette fois.

Pour nos amis les animaux, pour nos amours des plantes ou encore notre passion pour telle ou telle activité, objet ou idée, c’est autant de sujets brûlants qu’il sera agréable de traiter en d’autres pages.

Maintenant, c’est déjà le vaste sujet de la rencontre humaine sur lequel nous allons nous étendre.

 

La femme et l’homme.

L’amitié, l’amour, ce n’est pas juste un sentiment, c’est aussi une longue histoire…

 

Sigmund FREUD et ses amis présentent deux voies principales dans la relation d’amour, j’en ajouterai une troisième retrouvée chez les philosophes antiques. Chez les psychanalystes, nous en saurons peut-être un peu plus sur cette voie manquante d’ici une cinquantaine d’années, lorsque nous pourrons enfin étudier librement les 80.000 documents secrets notamment sur les 7 disciples de l’anneau.

Michel FOUCAULT nous dévoile une réalité de la légèreté d’aimer, nous y ajouterons les règles du jeu pour instaurer un respect de soi et de l’autre afin d’entrer dans une liberté partagée dans la considération.

 

 

 

Résumons.

Pour aimer, nous sommes sur une double relation ternaire

La première en trois :

La relation à soi : phase narcissique.

La relation au même : phase homophile.

La relation à l’autre : phase hétérophile.

 

Et ces trois phases se réfèrent à trois espaces de notre être :

 

Le corps : l’amour physique : le ressenti pour l’autre qui ébranle notre être.

Le cœur : l’amour affectif : un élan du passionnel qui nous porte vers un autre être !

L’esprit : l’amour intellectuel : ce plaisir raisonné de la présence de l’autre à nos côtés.

 

Nous allons donc tenter de comprendre un peu mieux comment nous fonctionnons.

 

Mes recherches à ce jour me permettent de présenter l’amitié et l’amour sous une nouvelle identité.

 

Pour faire simple :

Je définirais l’amour comme un chemin de vie vers le beau, jusque notre achèvement : la mort.

Et l’amitié comme une étape constructrice sur ce chemin.

(La haine serait une étape destructrice).

L’amour serait un long apprentissage afin se libérer des peurs de nos peurs.

Michel de MONTAIGNE nous l’explique en reprenant SOCRATE : si je me sais mortel, alors je puis commencer à vivre.

Que philosopher c’est apprendre à mourir.

 

Je place l’amour comme une situation temporelle : dans le temps, en continuité : vivre sur le même chemin ; marcher ensemble.

 

L’amitié serait pour sa part, hors du temps : vivre dans l’instant ; se croiser en chemin.

 

La femme fonctionne dans le temps (gardienne de la mémoire)…

L’homme fonctionne dans l’instant (l’art de transformer)…

Deux sujets qui seront développés dans d’autres propos.

 

 

L’amour alors n’est pas une raison d’être, un but, une finalité. C’est un moyen. Nous sommes donc libres de lui donner une valeur constructrice ou destructrice.

L’amitié pourrait ainsi se présenter comme des petits espaces-temps d’amours réussis.

L’amitié serait comme le moyen de vivre pleinement étape par étape des instants de vie.

 

L’amour serait davantage l’autre moitié de nous, comme la complémentarité ou la suite de nous-mêmes, notre source.

En psychanalyse, on distingue deux chemins d’amour : la pulsion de vie, l’Éros, la pulsion de mort, Thanatos.

 

Le corps et l'esprit se combattent dans un jeu sans fin. 

C’est l’amour du cœur qui donne naissance à notre humanité puisqu’il nous différencie alors de l’animal : notre raison d’être est au-delà de la reproduction, mais se définit une capacité à aimer, avoir du plaisir aussi par l'affect qui nous invite à vouloir donner du plaisir.

La femme et l’homme sont donc au-delà de la nécessité de la survie de l’espèce…

 

L’amitié serait une part d’humanité posée dans notre chemin d’amour.

Le mot amour est masculin et féminin.

 

L’amour et le désir.

 

Peut-on désirer la femme ou l’homme que l’on aime et aimer la femme ou l’homme que l’on désire ?

Oui, si l’on différencie le mot : « désir » du mot « envie ».

La traduction des écrits de Sigmund FREUD donnerait en fait une très mauvaise explication de ces mots.

Selon mes travaux — en résumé — une « envie » déclenche une attitude destructrice chez l’humain. Prononcé comme une grimace, ce mot nous fragilise : c’est se condamner à être malheureux ou frustré tant que l’on n’a pas obtenu quelque chose. L’avoir enfin clôt hélas l’envie sans avoir procuré nécessairement le plaisir. l'envie crée le mal-être et pousse à la consommation.

Un « désir » par contre, c’est un mot qui se prononce en forme de sourire. Il y a le bien-être d’espérer quelque chose jusqu’à son obtention. C’est ici l’importance du moyen de qualité pour arriver à la fin ! Le désir construit l'humain dans une recherche du bonheur sans jalousie, hontes ou violence.

 

« L’amour d’amitié », tant espérée par les religieux de tous poils est une folie; pour un sexologue ce serait plutôt une hérésie… Développé notamment dans la Somme Théologique de Thomas d’AQUIN, ce concept présente une idée dramatique — dans son usage — d'une recherche exacerbée de l'idéal angélique des humains. Les grandes religions veulent toujours et encore croire que le sexe peut-être sublimé… comme quoi il pourrait y avoir un amour sans corps… non sexué ?

Hélas, Blaise PASCAL nous l’a pourtant bien rappelé : qui veut faire l’ange fait la bête.

 

Attention aussi au mot « adorer ».

On commence par adorer, puis l’on déteste, pour parfois enfin commencer à aimer.

Adorer : L’origine de ce mot est bien porter à la bouche… dévorer… comme l’ogre ! La mère qui adore ses enfants va finir par les croquer !

 

N’oublions pas que l’amour se voudrait totalement libre, hors des interdits, sans loi : enfant de Bohème. Donc c’est bien à l’homme de lui donner sa noblesse, avec des règles de vie qui l’élève au-delà de l’animal qui ne se pose pas de question sur la relation lors de l’acte de reproduction !

Tarzan et Mowgli ne se savaient pas hommes.

 

 

Qui est Narcisse ?

 

 

Quelques  réflexions en débat…

L’amour platonique : respect de soi et de l’autre.

 L’amour aristotélicien : dominant et dominé.

L’amour homophile : souvent sublimé.

Amours déviants ; envies perverses.

 

 

La sexualité : les enfants en danger : manger un fruit qui n’est pas mûr, est-ce sensé ?

 

 

Peut-on faire l’amour en toute amitié ?

L’amour comme l’amitié sont toujours sexué mais pas nécessairement vécu dans la sexualité.

 

 

La femme est dans l’espace – temps.

Un cycle de 28 jours, et sur des périodes de 5 ans un tiers.

L’homme est hors de l’espace – temps.

Un cycle de 24 heures et sur des périodes de 7 années.

L’homme est une femme comme les autres.

Soyons reconnaissant vis-à-vis du Docteur KINSEY et ses amis chercheurs pour leurs études poussées sur le terrain de la sexualité : vaste rapport qui nous explique notre nature multiple.

 

Faut-il aussi refuser certaines affirmations jaculatoires de Jacques LACAN ? Par exemple : aimer, c’est donner ce qu’on n’a pas.

Non : aimer serait plutôt donner à travers soi : aimer l’autre comme soi-même. Et toujours de LACAN : NON pour le « racine de –1 » (-Phi) avec le manque du phallus de la femme. En effet, nous pouvons voir les humains d’une autre manière soit :

La femme est celle qui possède une matrice.

L’homme est celui qui souffre d’une absence de matrice.

Par contre, ayant déjà un manque, nous pouvons comprendre la peur de la castration chez l’homme ou de l’impuissance.

 

 

Petites suites de jolies phrases ou de mots sur l’amitié et l’amour développés dans la conférence et son débat…

« Aimer à perdre la raison » Jean FERRAT.

« Je ne vous appelle plus serviteur mais : amis » Jésus de NAZARETH.

« Je t’aime plus que de l’amour pour une femme » le roi David.

« Entre l’amitié et l’amour, je préfère l’amitié » Jean GORGUE.

« L’amour est enfant de Bohème » Georges BIZET.

« Amitié Liberté » le chant scout.

La colère se nourrit de la colère. Elle s’éteint avec de l’amour.

On se consume du corps, du cœur et de l’esprit.

Je désire être désiré par l’être que je désire.

Des variantes de propos d’Antoine de SAINT-EXUPÉRY :

Se sentir responsable et coupable d’une faute que l’on a commise et la réparer.

On entend bien avec le cœur, l’essentiel est inaudible pour l’oreille.

 

 

 

Amour et jalousie.

Amour et mort.

Amitié et mort.

 

 

Aimer :

Surveiller : au-dessus.

Veiller : à côté.

Éveiller : aimer !

 

Ami pour la vie.

Mon meilleur ami.

Un ami qui vous veut du bien.

Amours impossibles.

Amitiés particulières.

Amours adolescentes.

Amours enfantines.

Mourir d’amour.

Vivre d’amour.

Amour du prochain.

L’amour propre.

Amie ou maîtresse. Ami ou amant ?

Vivre en frère est plus risqué que de vivre en amitié.

Aimer d’amour et faire l’amour.

Amitiés intellectuelles.

Amours intellectuelles.

Intérêts dans l’amitié et dans l’amour.

Amour : posséder.

Amitié : donner ?

Les grandes « fraternités ».

L’ami à côté de nous.

L’amour en nous.

Le baiser et baiser.

 

 

Aimer :

Être et avoir.

Être et durer.

Conserver et posséder.

La propriété privée.

Désirer et être désiré.

Posséder ou donner.

Égoïsme.

 

Trois dangers dans l’amitié et l’amour :

Le danger des passions : vivons passionnés.

Le danger du compromis : Mieux vaut disputer chaque point et finir par être en accord.

Le danger de l’habitude : que chaque instant soit unique et nous invite à créer des rites.

 

La crise « mythique » : à la recherche du grand amour ?

Amour toujours : non, car nous sommes mortels. Il faut préférer : amour pour chaque jour, chaque instant.

Rompre une amitié ou un amour : un acte si simple finalement !

L’amitié et l’amour n’existent pas par mail ou par téléphone : il manque des dimensions !

Amitié et sport : sexualité homophile sublimée.

Pas de péché originel mais une mémoire à comprendre et à digérer.

Communiquer semble impossible juste avec seulement des mots.

Ce qui différencie deux femmes ou deux hommes ce ne sont pas leurs défauts mais leurs qualités.

Vivre avec quelqu’un pour toujours n’est pas possible. L’on peut vivre pour chaque jour.

Pour quelles bonnes raisons j’aime l’autre ? quel intérêt ? Le meilleur : l’amour !

J’aime de tout mon corps.

J’aime de tout mon cœur.

J’aime de tout mon esprit.

 

 

La philanalyse : analyse de l’amour humain.

Extrait de Comme une abeille hors de sa ruche, théâtre philosophique écrit par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE :

 

Sibyl : - Hélas, je n’ai guère de solutions à te proposer. Comment agir en effet, lorsqu’il y a destruction partielle du cortex ?

Cependant, à trop vouloir te retrouver, tu risques de ne plus savoir aimer l’autre.

Je pense que l’amour est plus fort que la liberté puisqu’il l’engendre…

Yeph : - L’amour ?

Sibyl : - Oui, cette force extraordinaire est d’une puissance incommensurable.

Elle dépasse ou supplée le corps et la raison.

Si tu as confiance en toi, si tu oses sortir du temps et de l’espace, peut-être auras-tu la joie de rejoindre Tomas par le cœur, pour le laisser enfin partir ?

Alors, tout reprendrait sens ?

Il y a d’autres êtres dans cet univers qui méritent réellement de partager ton amour.

Yeph : - Ah, j’aimerais tant...

Cependant, Chris, lui, devant le corps de Ghils... doit-il se réjouir de cette passion l’ayant conduit à la mort ?

Même hors de notre temporalité...

Pourquoi Ghils est mort ?

Sibyl : - Pourquoi est-il né ?

Yeph : - Voilà ma quête.

Je cherche la raison de notre vie corporelle liée à l’espace-temps, alors que mon âme s’ennuie à mourir !

Sibyl : - Éveille ton cœur !

Intéresse-toi davantage à l’amour humain…

Yeph : - La philanalyse…

Sibyl : - Oui.

Regarde autour de toi ce qui tient l’homme debout et laisse-lui croire qu’il existe : la peur... la peur de nos peurs… elle entraîne ses armées farouches que sont la haine, la vengeance, la soif de pouvoir, le regret, la culpabilité, l’envie d’être autre ou d’être l’autre...

Yeph : - L’illusion de la vie !

Sibyl : - Bien entendu.

L’homme n’est rien qu’un vulgaire animal lorsqu’il oublie la place du cœur dans sa construction.

Toi, tu apprends dans la solitude cette dure réalité qui ne saurait être ta raison d’exister ici-bas...

 

Aimer l’autre jusqu’à quelles conditions. Même si l’on est trompé ? Comprendre l’autre dans l’erreur, la chute… Saisir que bien souvent il n’y a pas un coupable et une victime mais bien deux victimes. Après il faut étudier comment reconstruire car une victime se transforme parfois en bourreau… et les drames se suivent.

 

L’humanité :

 L’homme est un éternel assisté. La femme est plus libre.

La chance d’un amour est dans la multiplication des intérêts

La fidélité dans l’amitié c’est différent que dans l’amour :

L’amitié se partage, l’amour peut-être pas ?

Amour procréation : amour immortalité.

Tolérance et intolérance deux mots a remplacer par amour ?

 

 

 

En conclusion :

 

 

Un chemin de vie :

Prendre soin de soi, considérer l’autre. (Ne pas s’abîmer, ne pas abîmer l’autre)… Grandir à la rencontre de l’autre, et si possible, voir grandir l’autre à notre rencontre.

 

 

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

Auteur : Yves Philippe de Francqueville  

 



16/05/2011
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