Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

La lettre E du dictionnaire sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

Dossier réalisé par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE, pirate des mots et philanalyste. Tous droits réservés.

 

©Petit dictionnaire sur la sexualité aux définitions libérées.  

 

 

Autour de la lettre E…

 

 

 

 

 

ÉCHANGISME :

Une pratique sexuelle très ancienne de partage du plaisir des corps, ou l’exhibitionnisme et le voyeurisme sont poussés au paroxysme… Cela se vit comme pour les animaux entre eux, avec cependant chez les humains, la découverte certainement librement consentie du ou de la partenaire d’un autre couple, en laissant — de même — son ou sa partenaire être "éduqué", voire "édifié" par l’autre partie. Lorsque cela se pratique en assemblée, c'est plutôt une "partouze".

Entre personnes consentantes, les lois et les morales du monde s'oublient très vite. S'il n'y a pas de règle de considération, la violence et le massacre peuvent très vite prendre un espace possible, laissé à l'instinct de chacun.

Pourvu qu'il y ait dans ces "us et coutumes" quelques valeurs constructrices ?

 

 

EFFÉMINÉ :

Une personne de "sexe masculin" présentant des comportements ou des "signes physiques" — et parfois vestimentaires — étant davantage "attribués" (par convention sociale) au sexe féminin.

Cela n’a rien à voir avec l’attirance sexuelle.

Si le "mâle" nous a habitué à être violent, guerrier… rustre… la femme n'a pas cependant le monopole de la douceur, du bon goût, de la bonté et de la création, au-delà de sa capacité à procréer… Parfois — en effet — les bipèdes deviennent humains, nous rappelle Marguerite YOURCENAR.

La part féminine chez l'homme, c'est l'espace de "bisexualité" naturelle en chaque être, qui est plus ou moins développé ou vécu : notre mémoire génétique hermaphrodite se révèle tantôt, selon une lecture dépoussiérée du "Banquet" de PLATON.

Aujourd'hui, notre société — construite principalement sur le principe de la consommation et des castes — tente de créer toujours plus de "catégories" découlant du "genre humain". L'on invente donc de nouvelles classes "intermédiaires" entre les "femmes" et les "hommes"… Alors, après la création totalement subjective et dramatique des "homosexuels" puis des "bisexuels", apparaissent quelques sous-espèces plus ou moins considérées comme les "métrosexuels", les "altersexuels", les "émos"… ces derniers notamment sont des filles et des garçons très très sensibles, particulièrement jugés "émotifs" — de type androgyne — pas tout à fait hermaphrodite…

 

 

ÉGALITÉ :

C’est parce que nous sommes tous merveilleusement différents, qu’il est très important de respecter les goûts, les couleurs et les formes de chacun d’entre nous. Il n’est pas honnête d’imposer à l’autre ce qui "semble bon" pour nous aujourd’hui… Ce qui serait peut-être "mauvais" pour nous demain. Il serait de même tout à fait insupportable de subir les choix d'un autre !

L’égalité, c’est le respect et la considération de nos différences. C'est le droit d'exister en paix sans être jugé, voire condamné, parce que nous ne pensons pas, nous ne vivons pas, nous n'aimons pas comme "l'autre"… comme "l'autorité qui s'est imposée" ou comme la "majorité qui s'est détachée" d'un troupeau.

L'égalité, c'est accueillir l'unicité de l'être et tout faire pour que sa vie soit possible avec des règles adaptées.

L'égalité, c'est la prise de conscience que l'humain a des valeurs qu'une société ne peut se permettre de négliger sous le prétexte d'un droit sur l'individu, pour le soi-disant bien commun de la collectivité !

Mais est-il possible de vivre heureux en société ?

Il serait nécessaire alors que chacun n'estime pas ses droits, sans penser à donner de lui-même, non pas en sacrifices ou en obligations mais en devoirs, où le plaisir partagé donne sens à la vie sociale.

La ruche est l'exemple pratique et terrible de la vision excellente de Jean Jacques ROUSSEAU… qu'il n'a pas hélas su finalement exprimer correctement : oui l'homme a en lui certainement — à sa naissance — le "potentiel de la bonté". Et oui, croire que "l'homme naît bon", c'est dramatiquement naïf… car sa part animale le programme originellement vers la survie. C'est alors généralement la peur de ses peurs qui le conduit à construire lui-même, "la société" qui va le corrompre… si elle n'est pas bâtie sur la recherche de l'idée de beau, de bon, du plaisir ! Vivre heureux, et libre, c'est réalisable lorsque l'on se libère — notamment par la connaissance — des peurs et des hontes…

La vie des abeilles est désespérante de résignation et de soumission… et peut-être le savent-elles ? Quand donc l'une d'elles aura le courage, la force et l'audace d'affirmer — en évitant de se faire massacrer par ses sœurs — son idée révolutionnaire à mettre en œuvre pour changer la forme des alvéoles de la ruche ou la recette du miel ?

La ruche est une société en échec sous le commandement d'un tyran !

Oui, un jour peut-être, une abeille saura convaincre ses sœurs ouvrières ou guerrières à refuser de vivre esclaves d'une reine qui les persuade que "tout va bien".

Non, non et non, tout n'est pas "pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" au sein d'une ruche ! La faiblesse de cette société dirigée par un dictateur, c'est notamment l'accord détestable passé entre l'apiculteur et la reine… au mépris de son peuple. Les abeilles dans la ruche travaillent pour la reine ET pour ce parasite profiteur et exploiteur qu'est l'humain — ce pilleur de miel — qui a passé avec la reine un "pacte de non agression" moyennant cette taille, cette dîme, cet impôt payé par l'ouvrier pour que la paix entre le peuple des humains et celui des abeilles soit maintenue !

Peut-être que demain, une abeille saura dire NON, et mettra tout en œuvre pour modifier les alvéoles de la ruche, la composition du miel… afin que l'exploitation de l'abeille par l'homme cesse enfin !

Cependant, si le peuple des abeilles se contente depuis des lustres à vivre en esclavage, satisfait d'être dirigé par une reine qui lui donne le gîte et le couvert moyennant un travail quotidien… et parfois une petite guerre contre l'ennemi du jour… pourquoi s'efforcer de proposer vainement un autre sens à cette vie finalement acceptée ?

Que les abeilles éveillées s'intéressent alors davantage à croiser dans l'immensité de l'univers, d'autres sœurs — comme elles — ces individus aux potentiels hors normalités… et qu'elles se plaisent à vivre l'instant savoureux de l'absurde, au-delà du néant… par la quête de l'idée du beau.

À lire alors sans modération, le troisième épisode du cycle de l'Austrel : "Comme une abeille hors de sa ruche" du théâtre philosophique d'anticipation par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE, philanalyste et pirate des mots.

Vouloir des lois identiques pour chacun ; imposer l'uniformité de penser, de manger, de rêver, d'aimer… de vivre, c'est nous rapprocher toujours davantage du "Meilleur des mondes" d'Aldous HUXLEY : l'horreur pour celles et ceux qui ne savent pas "faire partie du troupeau"!

Quittons des yeux le mur de la caverne… sortons de la ruche…

Apprenons…

Rencontrons…

Partageons…

Jouissons…

Vivons libre !

Et un jour il nous faudra mourir !

 

 

ENFANCE :

Une période fragile de la vie d'un humain, qui pourrait être merveilleuse ! Un espace de constructions intellectuelles, affectives et physiques où l'amour et la sexualité doivent être au plus tôt considérés, respectés et expliqués si besoin — avec des mots choisis — comme parties intégrantes, belles et heureuses de la vie. Par ce fait, l’on permet à ces êtres en croissance de grandir paisiblement sans massacre, dans la discrétion d' histoires d'amours extraordinaires et parfois particulières. Dans notre société, les enfants ont rarement droit à une sexualité épanouie. Pourtant, dans le ventre de sa mère, l'embryon est très rapidement capable de plaisir… d'après les échographies !

Pourquoi les adultes oublient aussi vite tout ce qui fut vécu en certains courts espaces de liberté, et tout ce qui ne fut pas vécu dans leur enfance… en raison des interdits religieux ou moraux ?

La honte et la peur sont les armes de destruction massive à éloigner du bonheur fragile d'un enfant !

 

 

ENFANT BATTU :

Comme le Marquis de Sade sut si bien le démontrer « scientifiquement », la douleur entraîne souvent une forme de plaisir… Il y a toujours chez l’enfant battu une honte similaire à celle de l’enfant violé, qui culpabilise dans cette jouissance liée à la violence. Il y a aussi l’attente du coup qui peut-être sublimée. Là, parfois, l’enfant provoque l’adulte pour enfin recevoir le coup salvateur. En effet, le temps de répit qui suit l'acte destructeur est un temps de paix, même relatif. C’est pour cela qu’il est très difficile de faire témoigner un enfant afin de l'entendre dire qu’il a été battu.

La punition a un côté jouissif, mais pas nécessairement lorsqu'elle est actée par le coup physique.

Il y a une multitude de punitions possibles qui savent être infligées aux enfants qui ne sont pas dans la "normalité".

L'humiliation, les privations, l'endoctrinement religieux ou politique… de la violence aussi dramatique qu'une paire de claque ou le coup de fouet !

Les violences psychologiques, par pressions morales, intellectuelles, religieuses et même sociales sont extrêmement destructrices, sauf que les blessures de l'âme sont moins visibles à l'œil nu. Des scientifiques, des experts, des médecins, des théologiens, des politiciens, sont les champions pour dicter et imposer aux enfants des "vérités" qui seront massacrantes… Cela se découvre plus tard, notamment lors de l'adolescence, où les blocages, frustrations, hontes et autres complexes construits petit à petit, créent des êtres abîmés, blessés, voire malades qui deviendront des adultes tristes ou violents avec leurs pairs, souvent soumis, rarement capables de se révolter. Les interdits psychologiques agissent aussi sur le corps de l'enfant, limitant ses désirs, et condamnant ses rêves pour en faire un futur mouton du système, un martyr ou un esclave docile… parfois un être qui s'éveille.

L'être qui s'éveille quittera alors tôt ou tard la Caverne aux illusions, pour retrouver ceux qui l'attendent : les individus hors normalités qui aspirent à vivre libres !

 

 

ENVIE :

Une des forces très utile de notre société, basée sur l’économie : Cela provoque un état de mal-être lorsque l’on ne détient pas l’objet ou l’être convoité… et la quête pour l'obtenir devient pénible et désagréable. Le problème est de croire que "la fin — ou la faim — justifie les moyens" et que "coûte que coûte" il faut dominer ou posséder. Cela ne satisfait donc pas celui qui arrive à sa "faim", car le manque se présente aussitôt la démarche achevée. Le désir est basé sur une vision très différente où la fin ne justifie pas les moyens. La fin a beaucoup moins d'importance que le sens donné au chemin parcouru (Voir DÉSIR).

 

 

ÉPHÈBE :

À l’époque grecque où la liberté sexuelle s’exprimait simplement en public — sans honte et sans tabou — c'est un "beau" jeune homme pubère convoité par tous.

La beauté est un état d'esprit… l'éphèbe, c'est le fruit délicieux de la rencontre spirituelle de l'idée de "beau", mise en harmonie avec le cœur et le corps.

 

 

 

 

Dessin de l'Éphèbe,

réalisé par Franck PASQUALINI

pour illustrer le poème

Solitude et ennui

extrait du recueil

Solitude étrangère

écrit par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE,

 qui a posé simplement pour l'occasion !

 

 

ESPRIT :

(Ou ÂME, ou RAISON)… Espace insaisissable qui définirait l’humain. Il est convoité par toutes les morales ou religions, afin de nous éviter de quitter l'état de simple bipède. En effet, l’esprit manipulé par la peur est presque capable — parfois — d’imposer au corps et au cœur, des lois, des obligations et surtout des interdits…

Bien entendu — tôt ou tard — nous risquons de franchir ces barrières, derrières lesquelles la punition et le châtiment nous attendent. C'est une issue tragique, si l’on ne cherche pas à apprendre la vie dans tous ses mystères, avec des règles humanistes qui nous sembleraient plus justes.

Avant de penser "état", "patrie", "partis", "religion", "castes", "bien et mal"… si nous pensions à l'humain en devenir… au sens de l'idée du beau et du plaisir ? Nous serions alors enfin légèrement plus évolués que les fourmis ou les termites !

Dans le mot ESPRIT, certains y placent le conscient, l'inconscient, le moi et même le surmoi…

Le conscient est — au premier regard — ce qui nous permet de décider… de prendre des décisions, ou d'abandonner son droit de penser à une autorité désignée, voire choisie parce que nous avons peur de nos peurs. L'inconscient, pour sa part, serait alors juste "ce que le conscient ne supporte plus" : la facilité de baisser les bras, d'oublier notre "non-moi", de refuser d'accueillir l'absurde d'une vie, face au néant que nous ne comprenons pas, devant l'immensité de l'univers… et l'impossible rencontre avec l'espace-temps.

Oui : où sommes nous… et dans quoi… et depuis quand ?

La réponse imposée pour conjurer la peur de nos peurs nous entraîne vers des rêves d'un instant et des cauchemars plus tenaces : "dieux" !

Et si nous n'existions pas ?

Et si nous n'étions rien ?

Alors, pour tenter de fixer notre vie au présent — dans ce monde d'illusion — certains veulent affirmer un pouvoir éphémère pour donner sens à leur "non-vie", et entraînent avec eux misère et désolation.

La quête de l'idée du beau a peut-être plus de sens ?

L'inconscient est l'espace de refuge offert à la médiocrité, pour ne pas donner naissance à notre propre création issue de notre néant. L'inconscient est le lieu où l'on abandonne sa liberté.

Le "sur-moi" est un dernier sursaut d'orgueil avant de sombrer dans le "non-moi" !

"Être ou ne pas être"…

Paraître ou devenir ?

Naître à la vie, ou sur-vivre… sous-vivre ?

Le drame du "non-naître" !

 

 

Être ÉTONNÉ ou s'ÉMERVEILLER :

Être étonné par l'autre, c'est avoir un regard plutôt en déconsidération sur sa capacité première…

Être émerveillé, c'est laisser tout l'espace à l'évolution de l'autre et l'accueillir simplement, en partageant sa joie dans ses réussites, ses découvertes… son désir d'aimer !

 

 

EXCISION :

Une coutume barbare très ancienne, tout comme la circoncision. Elle consiste en l’ablation du clitoris ou à sa destruction par brûlure chez la femelle, afin d’en faire soi-disant une vraie vaginale ! L'excision est nécessaire pour la paix sociale, surtout pour le bon respect des lois et des mœurs, selon les autorités politiques ou religieuses du moment. Par exemple, au Mali encore aujourd'hui, on prône toujours l'excision pour les petites filles… mais il y a moins de cent cinquante ans, c'était aussi imposé aux États Unis d'Amérique et en Europe… par des médecins puritains compétemment fous, mais écoutés, et respectés par un peuple lâche et crédule, qui reste convaincu que les titres de "docteurs" ou de "médecins" assurent la compétence et la valeur humaine. Citons juste ce trop célèbre grand malade toujours honoré : le docteur John Harvey KELLOGG, génial "inventeur des corn flakes" et de la "circoncision sans anesthésie" des prés-pubères comme moyen de lutter contre la masturbation ! Mais aussi, dans la longue liste de "ces fous qui veulent à tout prix nous soigner", deux autres cinglés criminels, comme le docteurs suisse Samuel Auguste TISSOT et son comparse français Eugène BOUCHUT… Combien d'enfants martyrs à leurs actifs, pour ces apprentis sorciers comme ce fameux Jean Baptiste CHARCOT, tous couronnés par la Légion d'Honneur et autres récompenses offertes par une société malade de ses peurs et massacrée par ses bourreaux porteurs de vérités ?

Oui, brûler le clitoris au phénol était une pratique légale, comme remède pour permettre aux jeunes filles de ne pas céder au plaisir solitaire, dans les pays Anglo-saxons… au XIXème siècle tout comme les étuis péniens à pointes ou électriques, anti-masturbatoires utilisés dans les bonnes familles de la bourgeoisie française ou en étude avec les cobayes des orphelinats de la République et autres pensions religieuses !

La pratique de l'excision est actuellement punie de 20 ans de prison en France, alors que la circoncision est toujours remboursée par la caisse d'assurance maladie. (Voir CIRCONCISION).

 

 

EXÉCUTION PUBLIQUE :

(Synonyme : CORRIDA). Un haut lieu de jouissances sexuelles pour des femmes et des hommes, depuis déjà beaucoup trop longtemps. Devant l'être qui se meurt une foule, assoiffée de sang et de larmes, prend plaisir.

Une vengeance inscrite dans beaucoup de lois politiques et religieuses… œil pour œil ? Non… davantage !

Le sang appelle le sang et celui qui donne la mort invite à la donner. Notre nature animale reste forte, surtout pour un peu de pain ou quelques terres de plus !

Le désir d'amour — un jour peut-être — sera plus fort que l'envie de mort et l'obsession de posséder ?

 

 

EXHIBITIONNISTE :

Un être qui montre, étale, exhibe… de manière exhaustive ses indiscrétions sentimentales, affectives, physiques ou sexuelles… C'est parfois dans le but indiscret de saisir celles des autres : l'exhibitionniste est en fait un VOYEUR actif. En se mettant en scène, corps cœur ou esprit, il espère que l'autre aussi se dévoilera, afin de le découvrir.

Solitude, complexes, peurs, hontes…

L'exhibitionniste est donc probablement une personne "mendiante d'amour", qui ne s'aime pas, et qui tente de "se soigner" comme il peut, par la "rencontre forcée… provoquée" de l'autre.

 

 

 

 

 

à suivre pour d'autres mots aux définitions libérées…

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

 

 

 Vers la lettre F.

 

 

 

 

Dossier réalisé par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE, pirate des mots et philanalyste. Tous droits réservés.

©Petit dictionnaire sur la sexualité aux définitions libérées. 

 Auteur : Yves Philippe de Francqueville 



07/06/2012
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