Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

parler HOMOSEXUALITÉ aux enfants : D. On développe un peu…

© Dossier sur la sexualité écrit par Yves Philippe de Francqueville, pirate des mots et philanalyste. Tous droits réservés.

 

 

 

On développe un peu…

 


C’est très important d’apprendre chaque jour, qui est l’autre. En effet, comme toi, il change tout le temps. Tu en sauras de plus en plus en grandissant, mais déjà je souhaite te dire que les filles et les garçons n’ont pas une manière de vivre identique au quotidien.

Je m’explique : une fille — dès sa naissance — a un cycle de 28 jours qui rythmera sa vie jusqu’à sa mort. Il y a 21 – 22 jours où elle est progressivement pleine d’idées, elle parle avec plaisir et aime rencontrer les autres à des moments précis, elle est aussi bien souvent créatrice puis gestionnaire de ses œuvres. Et pendant une courte période, d’environ 6 – 7 jours, elle a besoin de calme, de paix, de silence pour se restaurer et préparer le cycle nouveau. Elle a alors besoin d’être beaucoup aimée et surtout d’être respectée. C’est un moment important où elle se prépare donc pour être forte dans tout son être. À la puberté, le corps se transformera pour pouvoir donner naissance à un enfant et ce cycle s’animera en fonction.

Pour le garçon, la vie semble moins compliquée. C’est vrai en partie, car lui est rythmé sur 24 heures. Sa vie change en fonction de l’heure de la journée. Il est plus sensible toutes les deux heures pour être tantôt joyeux ou triste, coléreux ou calme, inventif ou passif. Il y a des moments où il préfère être seul, d’autres où il souhaite la compagnie. Mais la vie d’un homme est fragile dans le sens qu’il aimerait lui donner. Il ne portera pas d’enfant, et dans la nature, les animaux « mâles » se sentent vite inutiles, au delà de la fécondation.

Si l’homme ne se trouve pas des espace de création, il va chercher la guerre et le pouvoir.

 

Avec ce début d’explications, tu comprendras qu’il est très important pour vivre avec l’autre, de savoir que ses réactions — liées parfois à son mal-être — ne sont pas toujours contre toi, mais souvent contre lui-même.

 

Ces trois étapes qui rythment la vie des femmes et des hommes ne sont pas restrictives à un âge précis, mais vont te suivre de ta naissance jusqu’à ta mort… fin naturelle dans le cycle des humains.

Bébé, enfant, adulte ou vieillard, nous sommes — à chaque instant — dans l’une des trois phases : narcissique, homophile ou hétérophile. Si nous vivons bien cela, nous avons davantage de chance d’être réellement heureux dans notre corps, notre cœur et notre esprit.

 

Beaucoup de personnes du monde d’aujourd’hui pensent qu’il n’existe qu’une seule bonne manière de communiquer et d’aimer : la phase hétérophile. Aussi, elles considèrent la phase narcissique comme dangereuse parce qu’elle serait « égoïste ».

Être égoïste, c’est prendre soin de soi pour aller ensuite vers les autres. C’est le terme « égocentré » qu’il semble préférable d’utiliser pour parler de ceux qui ne veulent pas aimer l’autre…

Les personnes qui oublient de s’aimer en voulant trop aider les autres perdent beaucoup de leurs moyens et souvent, très seules après s'être sacrifiées, tombent dans des périodes égocentrées.

Certaines lois politiques et beaucoup d’idées religieuses craignent cette phase narcissique en raison de la place prise par la sexualité. Le plaisir personnel (tout seul) est cependant une chose très importante dans le développement de ton corps. Il permet aussi d’arriver à une paix dans le cœur et l’esprit. C’est un accompagnement qui t’appartient tout au long de ta vie… jusqu’à tes derniers jours. Cela fait partie de ton jardin secret !

Un jardin, c’est beau, cela doit être entretenu… et l’autre ne doit y entrer que s’il y est invité !

Que l’autre crée des interdits sur ton propre corps n’est pas juste. C’est comme si un président ou un roi décidait qu’il était maintenant interdit à tous les citoyens de manger du chocolat parce qu’il ne l’aimait pas… Ou parce qu’il avait peur de grossir… Pour faire peur aux enfants, des médecins menteurs, tricheurs et malades dans leur tête, ont dit que la masturbation rendait sourd ou fou, et même pouvait conduire à la mort. Des religieux assurent qu’elle est péché mortel, c’est-à-dire qu’elle conduit le coupable de cette « terrible faute » aux enfers de leurs croyances. Ces propos sont des moyens très utiles pour empêcher la femme ou l’homme que tu seras, d’être libre et heureux de vivre. Sache que tous les adultes en bonne santé « physique, psychologique et affective » se masturbent. Mais à cause des lois politiques et religieuses,  il y a même eu des rois qui ont perdu leur trône ; aussi, de grands écrivains comme Ernest HEMINGWAY, (celui qui a écrit le livre merveilleux : « Le vieil homme et la mer ») furent rejetés par la société pour avoir été surpris à s’adonner à ce plaisir solitaire.

Des adolescents se suicident ou se mutilent aussi parfois, de peur de subir la punition liée à leur méfait annoncé  ou découvert !

Aujourd’hui enfin, certains êtres libres malgré de terribles pressions, rétablissent la vérité : la masturbation fait partie de l’équilibre de la vie affective, intellectuelle et sexuelle de tout être humain, de sa naissance à sa mort.

Ton corps t’appartient et tu vas apprendre aussi à comprendre par toi-même, ce qui est bon pour toi… et ce qui l’est moins.

 

Pour la phase homophile, c’est plus compliqué encore à vivre au regard du monde des adultes. C’est peut-être celle qui fait le plus de drame à tous les âges de la vie. Lorsque qu’une personne a peur de quelque chose ou de quelqu’un, il tente de supprimer l’élément gênant. Souvent, l’on oublie cette étape très importante dans la rencontre, tout au long de notre existence. La raison est la même que pour la phase narcissique : c’est parce qu’il y a aussi, outre la rencontre du cœur et de l’esprit, une possible rencontre sexuelle.

Lorsque tu te masturbes seul, cela peut donc rester dans ton jardin secret. Tu as la possibilité de vivre cela sans nécessairement être inquiété par ceux qui s’y opposeraient injustement… Cependant, si tu aimes une personne du même sexe que toi ; que ton corps soit attiré par son corps et que son corps est attiré par ton corps, alors tu risques de te mettre en danger : le monde qui t’entoure peut s’inquiéter pour l’ordre moral.

L’ordre moral (ce qui est bien, ce qui est mal) autorise la sexualité dite hétérophile et majeure : une femme adulte avec un homme adulte.

Le principe de la reproduction est la base même de la plupart des lois.

 

Lorsque deux personnes de même sexe s’aiment… et font « l’amour », on les dit officiellement « homosexuels ou homosexuelles ». D’autres mots plus ou moins gentils ou plus ou moins méchants sont utilisés : pédés, tapettes, invertis, lesbiennes, gays, gouines, goudous…

« L’amour » par deux personnes du même sexe est compliqué. Il intervient dans la phase homophile et peut exister à tout moment de la vie d’une femme ou d’un homme. C’est plus généralement vécu dans le cœur et dans la tête que dans le corps. C’est souvent très fort, parfois très beau, et les amours d’enfances ou adolescentes restent généralement de merveilleux souvenirs.

Ce n’est pas perçu de la même façon dans le monde adulte. Tout d’abord, il faut rétablir une réalité oubliée : deux femmes ensemble, c’est bien deux femmes qui font « l’amour » et surtout pas l’une qui joue à l’homme et l’autre à la femme.

De la même manière, pour deux hommes qui font « l’amour », ce n’est pas l’un qui joue à la femme et l’autre qui est homme… Non, c’est bien deux hommes qui s’aiment !

Dans l’acte sexuel entre un homme et une femme (acte hétérophile), la relation physique est plus simple que lors d’une relation entre personnes de même sexe. Le corps de la femme et de l’homme sont bien étudiés pour s’assembler afin de permettre la reproduction. Mais nous sommes des humains, et au-delà d’avoir des bébés comme chez les animaux, l’humain a en lui la recherche du plaisir.

Le plus souvent la relation homophile — elle — est vécue dans une forme inachevée, c’est-à-dire sans pénétration.

L’amour s’exprime et se vit par des actes de tendresse, de caresses, où les corps tentent de rejoindre le cœur et l’esprit. Parfois, un manque se fait trop ressentir dans une rencontre trouvée inachevée ou non comprise, par un des deux partenaires, n’étant pas exactement dans le même désir. Il se pratique alors une relation dite de substitution où l’homme est pris comme une femme, ou lorsque la femme s’invente un pénis masculin : elle devient alors « comme un homme ». Cela devient alors une sexualité hétérophile déviante. Si les deux partenaires sont en accord, et souhaitent cela « par amour partagé », c’est leur vie et nous avons juste le droit d’être heureux pour eux !

Et oui, il y a pour chaque personne une histoire propre dans le regard que l’on porte à soi-même. Il y a aussi des hommes qui se sentent femmes et qui vivent l’amour comme s’ils étaient femmes, et l’inverse est possible aussi. L’identité sexuelle n’est pas simple à comprendre. L’aspect physique extérieur ne donne pas la réponse toujours la plus vraie sur ce que le cœur et l’esprit pense, désirent… souhaitent vivre !

Il n’est pas possible de comprendre… donc encore moins de juger ce qui se passe chez l’autre car nous ne sommes pas l’autre !

Il est juste honnête de le respecter et d’apprendre à l’aimer…

L’important est de ne pas s’abîmer et surtout aussi, de ne pas abîmer l’autre.

 

Aimer quelqu’un du même sexe n’est pas une maladie, une monstruosité ou une faute de goût… C’est juste une autre manière d’aimer. Certaines personnes sont plus attirées aujourd’hui par l’esprit et le corps d’une femme, d’autres tombent sous le charme d’un homme. Tout au long de ta vie, tu verras — peut-être avec surprise — ce que ton cœur te réserve.

L’important est d’être en paix avec toi-même.

Pour celles et ceux qui sont plus sensibles au même… c’est important de savoir certaines précisions affectives :

Une femme qui vit avec une femme, le plus souvent, a besoin — pour achever certains jours son cycle ternaire — de vivre des temps hétérophiles. C’est la même situation pour l’homme qui vit avec un homme : il peut, dans sa vie sexuelle, avoir besoin de rencontrer une femme et l’aimer en toute honnêteté.

 

La sexualité « dite achevée », pour un humain, est donc hétérophile. En effet, c’est — il faut le rappeler — parce que nous sommes construits hommes et femmes pour perpétuer la race humaine, et notre principe d’accouplement est basé sur la reproduction animale.

Après il y a la recherche du plaisir.

La rencontre entre deux êtres est la plus extraordinaire lorsque les deux personnes arrivent à un orgasme (plaisir très grand, et merveilleux) en même temps.

 

La pratique de la sexualité des autres, qu’elle soit vécue par des femmes, des hommes, ou entre une femme et un homme ne nous regarde pas. L’important est que chacun soit considéré, respecté dans son intégrité : c’est à dire que la liberté est la base essentielle de la rencontre amoureuse.

 

 

Vers la cinquième partie :

Plaisirs et dangers…

 

 

 

Sommaire :

 

A. Présentation

B. Dis papa, dis maman… c’est quoi un pédé ?

C. Le fonctionnement affectif de l’humain ?

D. On développe un peu…

E. Plaisirs et dangers…

F. En conclusion pour le quotidien…

G. Le petit lexique adapté !

 

 

 

 

 

 

 

© Dossier sur la sexualité écrit par Yves Philippe de Francqueville, pirate des mots et philanalyste. Tous droits réservés.


Auteur : Yves Philippe de Francqueville 



11/05/2012
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