Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

Un autre regard sur la sexualité par Yves Philippe de FRANCQUEVILLE

Sexualité et homosexualité : D. La sexualité dans les trois phases

  © Dossier sur la sexualité écrit par Yves Philippe de Francqueville. Tous droits réservés.

 

 

 

 

La sexualité dans les trois phases :

 

 

1. La sexualité narcissique.

 

Peut-être est-il constructif aujourd’hui de reconnaître la sexualité comme une raison propre à la vie sociale de l’humain. Considérons dans cette phase “d’amour de soi” la place prise par la sexualité.

Le bien-être personnel est vécu en plénitude si le plaisir personnel est reconnu, corps compris. Il n’y a pas de plaisir égoïste dans la masturbation. L’égoïsme c’est finalement de ne pas aimer l’autre… C’est souvent ce qui arrive aux personnes qui oublient de s’aimer en voulant trop aider les autres…

La femme comme l’homme se construisent dans cette quête de jouissance qui est restauratrice, comme l’acte de manger, de dormir, de déféquer ou d’uriner.

La santé physique et mentale des adultes est réellement meilleure chez les « grands masturbateurs » : ceux qui ont libéré leur esprit des peurs, interdits et tabous d’une société castratrice.

Diogène, philosophe grec fondateur de l’école des Cyniques et « citoyen du monde » se masturbait constamment en public et disait « ah ! si seulement en se frottant aussi le ventre, on pouvait résoudre sa faim ! »

Depuis cette époque aux grandes libertés, il y a eu des enfants martyrisés, des rois qui ont perdu leur trône, des suicides très nombreux et des frustrés pour nous gouverner. Aussi, des artistes, des politiques ou de grands écrivains, comme Hemingway, furent rejetés par la société pour avoir été surpris à s’adonner au plaisir solitaire.

Il est préférable de se rappeler que notre corps nous appartient au-delà de l’ordre moral.

Il est très important de donner au corps la place qui lui est due. La masturbation permet de se recentraliser. Chez l’homme, cette gestion du sexe lui permet de ne pas utiliser « l’autre » comme lieu d’épanchement ! La fréquence saine peut être de deux à trois fois par jour pour un adolescent à une ou deux fois par semaine chez le vieillard.

 

2. La sexualité homophile.

 

Il faut tout d’abord la définir clairement : la sexualité homophile est un amour entre deux êtres du même sexe, vécu de manière délibérée.

Ce n’est pas une pratique déviante comme en cas de manque ou d’absence de l’autre sexe.

La sexualité “marine”, “carcérale”, “militaire” ou “religieuse” est plus souvent vécue comme une sexualité hétérophile déviante, où l’homme, la femme, l’enfant voire l’animal, sont des êtres de substitution. Dans la plupart des cas, cela est pratiqué contre leur plein gré.

Donc, deux femmes ensemble qui « font l’amour », ce n’est pas une femme qui joue à l’homme avec une femme.

De même pour deux hommes ensemble.

Dans l’acte sexuel entre un homme et une femme (acte hétérophile), la relation physique est à première vue plus simple que lors d’une relation entre personnes de même sexe. Le plus souvent, la relation homophile est vécue dans une forme inachevée, c’est-à-dire sans pénétration, raison première de la sexualité hétérophile dont nous parlerons dans le paragraphe suivant.

L’amour est vécu par des actes de tendresse, de caresses, et  de multiples rencontres des corps pour atteindre un orgasme commun, où se joignent le cœur et l’esprit.

La sexualité homophile se vit le plus souvent sublimée dans les rêves érotiques, là où la société ne s’est pas encore trop immiscée.

Beaucoup de civilisations ont vu chez ceux qui vivaient cette forme d’amour, l’expression d’une sagesse supérieure, réservée à une élite intellectuelle. Celle qui a pris conscience de la supériorité de l’homme sur l’animal. En effet, la quête du plaisir est au-delà de l’instinct de reproduction. D’autres sociétés estiment ce vécu sexuel comme dégénérescent et dangereux pour la cohésion sociale. Parfois, dans un couple homophile, si l'un des deux partenaires se sent en manque et ne s'estime pas en plénitude dans le partage, il se pratique une relation dite de substitution où l’homme est pris comme une femme, ou lorsque la femme s’invente un pénis masculin. Cela devient alors comme nous l’avons expliquée, une sexualité hétérophile… différente.

 

Si les deux partenaires sont en accord, et souhaitent vivre cela « par amour partagé », c’est leur vie et nous avons juste le droit d’être heureux pour eux !

Et oui, il y a pour chaque personne une histoire propre dans le regard que l’on porte à soi-même.

 

 

 

Il y a aussi la complexité du "transgenre"… et autres soucis d'identité affective, et physique !

 

Et oui — malgré les très difficiles possibilités d'informations non trichées par le système politico-religieux qui ne peut guère admettre que l'humain est complexe — c'est probablement une naissance sur quatre-cents qui présente un enfant de "sexe indéterminé" et une naissance sur mille où les deux sexes sont plutôt visibles sur la même personne… Alors, certains chirurgiens jouent souvent aux apprentis sorciers, et pour le vécu d'un "transformé malgré lui" ce ne sera que très rarement facile de vivre dans un monde qui ne peut pas le comprendre.

 

Donc, avec quel mode de vie relationnelle doit-on considérer pour un "homme" qui se sent "femme" et qui tente de vivre l’amour comme s’il était une "femme"? Il est donc bien "femme", puisque le corps n'est pas nécessairement en harmonie avec l'esprit… et le "visuel" n'est pas forcément la réalité !

 

L’inverse est bien entendu possible aussi : si une "femme" au niveau du corps physique se sent, se considère comme un "homme". Alors cette "femme" est un "homme" à part entière dans son désir de l'être.

 

Nous avons dans chaque situation de rencontre, à considérer la relation comme naturelle. Elle est hétérophile, si c'est une "femme" qui aime un "homme" ou homophile si les "sexes" sont les mêmes… "psychiquement" ou "visuellement". Aussi, qu'il y ait souhait ou non d'une "transformation ou d'une réparation physique", pour se réaliser pleinement dans son ressenti, la construction affective d'un être hors normalités au regard de son corps est à considérer avec attention.

 

L’identité sexuelle n’est pas simple à comprendre. Élisabeth BADINTER a plutôt bien travaillé ce sujet notamment dans ses ouvrages "XY" et "Qu'est-ce qu'une femme ?".

 

L’aspect physique extérieur du corps ne donne pas toujours réponse la plus vraie sur ce que le cœur et l’esprit pensent, désirent… souhaitent vivre !

 

Il n’est pas possible de comprendre totalement cela lorsque l'on se sent bien homme dans un corps d'homme ou femme dans un corps de femme… donc encore moins pouvons nous nous permettre de juger ce qui se passe chez l’autre car… nous ne sommes pas l’autre !

 

 



 

3. La sexualité hétérophile.

 

C’est pour l’humain, en tant qu’animal, la sexualité achevée. Elle est la plus extraordinaire dans ses capacités fusionnelles : lorsque les deux partenaires arrivent à un orgasme en même temps.

Pourquoi la présenter comme achevée contrairement aux pratiques narcissiques et homophiles ?

Ce n’est pas pour minimiser ou dévaloriser les autres formes de sexualités qui ont elles aussi leurs suffisances… Mais dans la sexualité hétérophile, il y a le principe actif de reproduction. C’est le propre de tout animal, et l’humain ne déroge pas à cette règle. La survie de l’espèce est programmée dans nos gènes.

Chez les animaux, l’acte sexuel lié à la reproduction doit être efficacement mené. La taille et la forme du sexe du mâle sont étudiées pour féconder au mieux la femelle. Aussi lors de l’accouplement, il est indispensable d’aller très vite, car c’est un temps où l’on n’est pas en mesure de se défendre !

Cette mémoire animale donne à chaque homme la délicate constatation de devoir être un éjaculateur “précoce”. Comme Lucky Luke®, tirer plus vite que son ombre est un bien fondé.

Évolué, dans notre société, le mâle peut parfois constater que la femelle sait éprouver un certain plaisir à être « fécondée », bien qu’il lui faille du temps.

Alors, l’amour plaisir, l’amour du cœur, prend naissance et se détache progressivement de l’acte de reproduction. La sexualité hétérophile prend un sens nouveau où le cœur et l’esprit s’associent au corps.

 

 

 

Vers le chapitre E :

 

Parlons sexe

 

 

 

Sommaire :

A. Petite introduction

B. Pourquoi ne plus parler d’homosexuels ?

C. Les trois phases sexuelles

D. La sexualité dans les trois phases

E. Parlons sexe

F. La sexualité dans nos trois espaces de vie

G. En conclusion

 

© Yves Philippe de FRANCQUEVILLE.

 

 

 © Dossier sur la sexualité écrit par Yves Philippe de Francqueville. Tous droits réservés.

 Auteur : Yves Philippe de Francqueville 



13/05/2011
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